Ramat Rachel fête ses 100 ans : le kibboutz de Jérusalem
Ce mois-ci, Ramat Rachel célèbre ses 100 ans. Fondé en 1926 aux portes de Jérusalem, détruit, reconstruit, transformé par les guerres puis progressivement encerclé par la ville, le kibboutz reste aujourd’hui une étonnante enclave rurale dans la capitale. L’occasion de redécouvrir son histoire, mais aussi ses vergers et ses fameuses cerises.
À Jérusalem, tout le monde ou presque connaît Ramat Rachel. On y va pour son hôtel, sa piscine, ses jardins, ses promenades et surtout pour cette vue extraordinaire qui s’étend vers le désert de Judée et Bethléem.
Mais on oublie parfois l’essentiel : Ramat Rachel est un véritable kibboutz. Et il fête cette année ses 100 ans.
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UN KIBBOUTZ NÉ EN 1926
Ramat Rachel est fondé en 1926 par des membres du mouvement Gdoud HaAvoda, principalement des pionniers arrivés en Eretz Israël lors de la troisième Alyah.
Son nom, « la hauteur de Rachel », rappelle évidemment Rachel, dont la tradition situe le tombeau sur la route de Bethléem, visible depuis les hauteurs du kibboutz.
L’histoire de Ramat Rachel sera pourtant tout sauf tranquille.
Lors des émeutes de 1929, le kibboutz est attaqué et détruit. Ses habitants reviennent et le reconstruisent.
Moins de vingt ans plus tard, pendant la guerre d’Indépendance de 1948, Ramat Rachel devient à nouveau un lieu stratégique. Situé au sud de Jérusalem, sur un point dominant les environs, le kibboutz est le théâtre de combats particulièrement violents et passe plusieurs fois d’un camp à l’autre.
Il est une nouvelle fois gravement détruit.
Mais, une nouvelle fois, ses habitants reviennent.
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AUX PORTES DE LA FRONTIÈRE
Entre 1948 et 1967, la situation de Ramat Rachel est extraordinaire.
Le kibboutz se trouve pratiquement au bout de Jérusalem israélienne, à proximité immédiate de la frontière jordanienne. Pendant près de vingt ans, ses habitants vivent ainsi dans un environnement frontalier, face aux positions jordaniennes.
Après la guerre des Six Jours de 1967, la frontière disparaît.
Puis Jérusalem grandit.
Arnona, Talpiot et les nouveaux quartiers du sud de la capitale se développent progressivement autour de lui.
Ramat Rachel, autrefois isolé dans les champs, devient peu à peu un îlot agricole entouré par la ville.
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DES CERISES À QUELQUES MINUTES DU CENTRE DE JÉRUSALEM
C’est probablement l’une des particularités les plus étonnantes de Ramat Rachel.
Malgré l’expansion de Jérusalem, l’agriculture reste une composante importante de l’identité du kibboutz.
À partir des années 1950, Ramat Rachel développe notamment de grands vergers de pommiers et de cerisiers, particulièrement adaptés au climat frais des hauteurs de Jérusalem.
Les cerises sont devenues l’un des symboles agricoles de Ramat Rachel. Le kibboutz a développé un important verger biologique comprenant plusieurs variétés.
Au fil des décennies, une partie des terres agricoles a cependant disparu avec l’expansion de Jérusalem. Des terrains autrefois occupés par les vergers ont notamment laissé place au développement d’Arnona HaHadasha.
Il suffit pourtant de s’éloigner de quelques rues des grands axes urbains pour retrouver cette image presque improbable : des arbres fruitiers et des terres agricoles au cœur de l’agglomération de Jérusalem.
C’est peut-être ce qui fait tout le charme de Ramat Rachel : pouvoir passer, en quelques minutes, des immeubles et des autobus de la capitale… aux vergers d’un kibboutz.
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100 ANS, MAIS PAS UNE SIMPLE FÊTE NOSTALGIQUE
Pour célébrer son centenaire, Ramat Rachel aurait pu choisir une grande fête retraçant l’épopée des pionniers, des tracteurs et des premiers champs.
Les habitants ont préféré raconter leur histoire autrement.
Durant plusieurs mois, ils ont ouvert leurs archives, leurs albums, leurs souvenirs et leurs histoires personnelles.
Le 13 août, le kibboutz tout entier s’est ainsi transformé en un parcours consacré à sa mémoire et à son identité.
Les visiteurs ont pu circuler entre 16 installations et quatre grands espaces thématiques, mêlant histoire, enfance, art, archives, témoignages et souvenirs des différentes générations qui ont vécu à Ramat Rachel.
L’objectif n’était donc pas seulement de raconter ce qui s’est passé pendant ces cent années, mais aussi de poser une question beaucoup plus actuelle : que signifie encore vivre dans un kibboutz collectif en 2026, au milieu de Jérusalem ?
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L’ART POUR RACONTER LE KIBBOUTZ
Le centenaire s’accompagne également d’une exposition intitulée « לשם שינוי » – « Leshem Shinouï », sous la direction artistique de Dalia Keinan.
Une vingtaine d’artistes y participent à travers la peinture, la sculpture, la vidéo et différentes installations.
Les manifestations du centenaire ont également permis de faire ressortir des films d’archives rarement présentés au public et de consacrer une place particulière à l’enfance au kibboutz.
Parmi les personnalités liées à Ramat Rachel figure également Avner Katz, artiste, écrivain et illustrateur israélien né au kibboutz.
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LE SAVIEZ-VOUS ?
Ramat Rachel fait partie des rares kibboutzim israéliens ayant conservé un fonctionnement largement collectif – קיבוץ שיתופי (kibboutz shitoufi).
Une particularité d’autant plus remarquable que nous ne sommes pas en Galilée ou dans la vallée du Jourdain.
Nous sommes à Jérusalem.
À quelques minutes de Talpiot et d’Arnona.
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LE KIBBOUTZ DE JÉRUSALEM
C’est finalement ce qui rend Ramat Rachel unique.
En un siècle, Jérusalem s’est développée autour de lui. Les frontières ont changé, les champs ont reculé, des quartiers entiers sont apparus et les routes se sont multipliées.
Mais Ramat Rachel est toujours là.
Avec ses maisons, ses espaces verts, son agriculture, ses vergers et cette vue immense sur les collines de Judée.
Un kibboutz centenaire au cœur d’une capitale moderne.
Et probablement le seul endroit où l’on peut véritablement parler des cerises de Jérusalem.
Sources : archives et site du kibboutz Ramat Rachel ; Kol Ha’ir, dossier consacré au centenaire de Ramat Rachel.
© Jerusalem-Info – 2026

