in ,

Construire plus haut pour préserver les collines

🏙️ JÉRUSALEM PREND DE LA HAUTEUR : UNE NOUVELLE VILLE EST-ELLE EN TRAIN DE NAÎTRE ?

Longtemps, Jérusalem s’est développée horizontalement, avec des immeubles relativement bas recouverts de pierre. Mais la capitale change rapidement de visage. Face au manque de logements, à l’augmentation de la population et à la volonté de préserver les espaces naturels entourant la ville, une nouvelle orientation s’impose progressivement : construire davantage en hauteur, principalement le long des lignes de tramway et des grands axes de transport.

Ce dimanche 19 juillet 2026, la Commission régionale de planification et de construction a donné son feu vert définitif à trois programmes importants à Kiryat Hayovel et Givat Shaul. Ensemble, ils représentent près de 3 000 nouveaux logements, mais également des écoles, des commerces, des bureaux, un hôtel, des places publiques et des parcs.

TROIS PROJETS, PLUS DE VINGT NOUVEAUX IMMEUBLES ÉLEVÉS

À lui seul, le complexe Carmit, à l’extrémité occidentale de Kiryat Hayovel, prévoit huit immeubles de 20 à 25 étages regroupant environ 1 010 logements. Le programme comprend aussi un hôtel de 260 chambres, trois écoles, une grande place et un parc d’environ 45 dunams.

Le projet reste très contesté en raison de sa proximité avec Ein Kerem et des espaces naturels. Ses promoteurs soulignent toutefois que près de 70 % du terrain sera consacré à des équipements ou espaces publics, avec notamment une zone ouverte entre les constructions et Ein Kerem, ainsi que la préservation de la source de Myriam.

À Givat Shaul, l’ancienne boulangerie Angel doit laisser place à un véritable quartier urbain comprenant trois tours résidentielles de 35 étages, une tour de bureaux de 17 étages et 972 logements. Le projet prévoit également une école, des commerces, une place publique et un passage piétonnier animé. Un futur passage souterrain doit relier le complexe à la Route 16, tandis qu’une station de tramway se trouvera à proximité.

Enfin, rue Olswanger, à Kiryat Hayovel, cinq anciens immeubles comprenant actuellement 320 appartements seront remplacés par dix bâtiments de 18 à 24 étages. Le projet, attendu depuis près de quinze ans, apportera aussi des commerces, des services de proximité, des espaces publics et un nouveau jardin.

Au total, ces trois programmes représentent donc 21 nouveaux bâtiments de grande hauteur, dont au moins onze dépasseront clairement les vingt étages.

HOLYLAND : TROIS NOUVELLES TOURS DÉJÀ AUTORISÉES

La transformation ne concerne pas seulement Kiryat Hayovel et Givat Shaul.

En avril 2026, un permis de construire a été délivré pour le projet Prime Jerusalem, sur les derniers terrains disponibles du complexe Holyland. Il comprendra 268 logements répartis dans trois tours résidentielles de 18 étages, avec des commerces et des espaces verts.

Il ne s’agit donc pas d’une seconde tour identique à l’actuelle Holyland Tower de 32 étages, mais de trois nouvelles tours plus basses, qui viendront compléter un ensemble déjà très visible dans le paysage du sud-ouest de Jérusalem.

DEUX TOURS DE 30 ÉTAGES À GIVAT MORDECHAI

Givat Mordechai devrait elle aussi prendre de la hauteur.

Un projet situé à l’angle des rues Haïm Heller et Yehezkel Sarna prévoit environ 300 logements locatifs dans deux tours de 30 étages. Elles seraient construites au-dessus d’un socle de cinq niveaux comprenant notamment 80 logements pour personnes âgées, des commerces, des bureaux et des équipements publics.

Le projet bénéficie d’un emplacement stratégique, à proximité du futur passage de la ligne verte du tramway. Il avait été approuvé pour dépôt par les instances de planification, ce qui signifie qu’il est bien engagé mais qu’il ne faut pas encore le considérer comme un chantier définitivement lancé.

À proximité, au-dessus du parking-relais de l’échangeur Bayit, un autre bâtiment d’environ 30 étages est également prévu, accompagné d’un immeuble plus bas. Là encore, l’objectif est de concentrer logements ou activités directement au-dessus d’un grand pôle de transport.

COMBIEN DE NOUVELLES TOURS PEUT-ON DÉJÀ COMPTABILISER ?

En additionnant seulement quelques-uns des grands projets connus dans l’ouest de Jérusalem, on arrive déjà à :

  • 21 bâtiments dans les programmes Carmit, Angel et Olswanger ;
  • 3 tours supplémentaires à Holyland ;
  • 2 tours de 30 étages envisagées à Givat Mordechai ;
  • 1 tour d’environ 30 étages au-dessus du parking Bayit ;
  • une douzaine de tours prévues dans le vaste quartier d’affaires de l’Entrée de la ville.

Cela représente environ 39 immeubles élevés ou tours dans ces seuls secteurs, avec des niveaux d’avancement très différents. Certains possèdent déjà un permis, d’autres sont définitivement approuvés, tandis que plusieurs restent soumis aux procédures administratives, aux oppositions ou à d’éventuelles modifications.

À l’échelle de toute la capitale, les estimations publiées ces dernières années évoquent même plusieurs centaines de bâtiments élevés susceptibles d’être construits au cours de la prochaine décennie. Une estimation de 2024 faisait état d’environ 500 tours envisagées, essentiellement dans le cadre du renouvellement urbain et autour des transports en commun.

CONSTRUIRE PLUS HAUT POUR PRÉSERVER DAVANTAGE DE TERRES ?

Les tours ne sont évidemment pas une solution magique. Elles peuvent masquer les paysages, augmenter la circulation locale et modifier profondément le caractère d’un quartier. Elles nécessitent aussi des écoles, des routes, des jardins, des transports efficaces et des infrastructures suffisamment solides pour accueillir plusieurs milliers de nouveaux habitants.

Mais construire en hauteur peut également présenter des avantages importants. Sur une même surface, il devient possible de créer davantage de logements tout en réservant une plus grande partie du terrain aux parcs, aux équipements publics et aux cheminements piétonniers.

La densification peut aussi éviter que Jérusalem continue à s’étendre indéfiniment sur les collines et les espaces naturels qui l’entourent. Elle permet enfin de rapprocher les habitants des lignes de tramway et de rendre les commerces de quartier plus viables.

C’est précisément le modèle défendu par les responsables de la planification : mélanger logements, emplois, commerces et services publics, tout en concentrant les constructions près des transports collectifs.

UNE RÉVOLUTION À ENCADRER

La véritable question n’est donc probablement plus de savoir si Jérusalem construira des tours. Cette révolution a déjà commencé.

La question est plutôt de savoir où elles seront construites, quelle qualité architecturale leur sera imposée et ce que les habitants recevront en échange : des appartements plus accessibles, des parcs, des écoles, des trottoirs agréables, des commerces et des transports capables de suivre la croissance.

Bien pensée, cette nouvelle Jérusalem verticale pourrait permettre à la capitale d’accueillir davantage d’habitants sans sacrifier toutes ses collines. Mal planifiée, elle pourrait au contraire accumuler les logements sans offrir la qualité de vie promise.

Jérusalem prend de la hauteur. Reste maintenant à s’assurer qu’elle grandisse également en qualité.

━━━━━━━━━━━━━━━

REJOINDRE JERUSALEM-INFO SUR WHATSAPP

Pour recevoir nos infos pratiques, sorties, alertes, événements et bons plans à Jérusalem, rejoignez notre groupe WhatsApp :

https://chat.whatsapp.com/J5cbKKgYAccEOP7uuTVwXK

Le guide de l’été à Jérusalem 2026

TISHA BEAV 2026 À JÉRUSALEM