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7 octobre : nous n’oublierons jamais

7 octobre : nous n’oublierons jamais

Ce lundi 5 octobre 2026, Israël marque la journée officielle du souvenir des victimes du 7 octobre 2023 et de la guerre qui a suivi. À Jérusalem, les cérémonies nationales au mont Herzl et un nouvel hommage à Ori Danino et Hersh Goldberg-Polin donnent à cette journée toute sa dimension : se souvenir des vies brisées, des actes de courage et de la solidarité qui demeure.

Trois ans ont passé. Pourtant, le 7 octobre reste bien davantage qu’une date. Derrière ces mots, il y a des visages, des familles, des communautés entières et une blessure qui traverse le pays.

À Jérusalem, cette mémoire est aussi celle de voisins, de camarades de classe, d’amis et de jeunes que l’on croisait dans les rues ou dans les tribunes d’un stade. Ori Danino et Hersh Goldberg-Polin étaient deux de ces jeunes hommes. Leur ville leur rend aujourd’hui un hommage commun.

POURQUOI LA COMMÉMORATION A-T-ELLE LIEU LE 5 OCTOBRE ?

La journée officielle du souvenir suit le calendrier hébraïque. L’attaque du 7 octobre 2023 s’était produite le 22 tichri, jour de Sim’hat Torah en Israël. La commémoration nationale a été fixée au 24 tichri, après la fête et le jour qui la suit.

En 2026, cette date correspond au lundi 5 octobre. Le pays se recueille donc aujourd’hui, tandis que d’autres rassemblements auront lieu le mercredi 7 octobre, à la date anniversaire du calendrier civil.

AU MONT HERZL, DEUX CÉRÉMONIES NATIONALES

À Jérusalem, deux cérémonies officielles marquent cette journée au mont Herzl, en présence des familles endeuillées et des représentants de l’État.

À 11 heures, la cérémonie organisée dans la section des grandes figures de la nation rend hommage aux soldats et aux membres des forces de sécurité tombés depuis le 7 octobre 2023.

À 14 heures, une seconde cérémonie se tient au mémorial des victimes d’actes terroristes, consacrée aux victimes civiles du massacre et de la guerre.

À la résidence présidentielle, le drapeau a également été mis en berne. Ces gestes expriment le deuil national, mais aussi la reconnaissance envers les survivants, les blessés et tous ceux qui portent encore les conséquences physiques et psychologiques de cette journée.

À TEL-AVIV, UNE GRANDE SOIRÉE DE MÉMOIRE LE 7 OCTOBRE

Les commémorations se prolongeront mercredi 7 octobre 2026, à 21 h 15, au parc Ganei Yehoshua, à Tel-Aviv, avec la cérémonie portée par les familles du 7 octobre et le mouvement Koumou.

Cette soirée réunira témoignages, récits et musique. Elle sera présentée par Eli Sharabi, survivant de la captivité, et la comédienne Shani Cohen. Parmi les artistes annoncés figurent notamment Shlomo Artzi, Idan — correction : Ivri Lider, Miri Mesika, Amir Dadon, Gali Atari, Yuval Dayan et Eden Golan.

Les portes ouvriront à 18 h 30 et l’entrée du public prendra fin à 21 heures. Les billets sont gratuits, mais obligatoires. Au moment de notre vérification, la billetterie affichait complet ; les organisateurs invitent à consulter de nouveau la page pour vérifier d’éventuelles disponibilités.

Informations et billetterie :
https://tickets.leaan.net/event/-7–vtcuid

AU MUSÉE DE LA TOLÉRANCE, TRANSMETTRE LA MÉMOIRE

À Jérusalem, le Musée de la Tolérance propose « 06:29 – De l’obscurité à la lumière », un parcours consacré au 7 octobre et à la solidarité qui s’est manifestée depuis.

À travers les regards des documentaristes Noam Shalev et Kobi Sit, les photographies de Ziv Koren et des témoignages personnels, cette exposition revient sur les événements et leur impact sur la société israélienne. Elle est placée sous le commissariat de Malki Shem Tov, père d’Omer Shem Tov, revenu de captivité en février 2025.

Ce travail documentaire permet de replacer les personnes et leurs histoires au centre de la mémoire. L’accès est réservé aux 16 ans et plus.

Le musée est fermé ce lundi 5 octobre et ouvrira mercredi 7 octobre à partir de 14 heures.

Informations :
https://motj.org.il/

Réservation des visites :
https://tickets.motj.org.il/

À TEDDY, ORI ET HERSH RÉUNIS POUR TOUJOURS

En cette journée du souvenir, la municipalité de Jérusalem a inauguré au stade Teddy une fresque intitulée « Unité », à la mémoire d’Ori Danino et de Hersh Goldberg-Polin.

Les familles, le maire Moshe Lion et des représentants du Beitar et de l’Hapoel Jérusalem étaient réunis pour découvrir cette œuvre de l’artiste hiérosolymitain Tomer Peretz, lui-même supporter du Beitar depuis l’enfance.

La fresque représente les deux jeunes hommes ensemble, dans un stade rempli de supporters, au milieu de la joie et de l’énergie du football. Une scène de vie, telle qu’elle aurait dû pouvoir exister.

Deux supporters. Deux équipes. Une seule Jérusalem.

DE RAMOT À TALPIOT, DEUX VISAGES DE LA CAPITALE

Ori Danino avait grandi dans une famille ultraorthodoxe du quartier de Ramot. Il était un supporter passionné du Beitar Jérusalem.

Hersh Goldberg-Polin, issu d’une famille juive américaine pratiquante installée à Talpiot, était un fidèle de l’Hapoel Jérusalem. Né en Californie, il avait fait son aliyah avec ses parents en 2008, à l’âge de sept ans. Jérusalem était devenue sa ville : celle de ses amis, de sa jeunesse et de ses matchs.

Leurs parcours racontent aussi la diversité de la capitale. Des familles venues d’horizons différents, des quartiers aux identités marquées, des communautés qui partagent une même ville sans toujours se rencontrer.

À Teddy, leurs couleurs les plaçaient dans des camps adverses. Dans la captivité, ils allaient apprendre à compter l’un sur l’autre.

LE 7 OCTOBRE, DEUX HISTOIRES DE COURAGE

Le 7 octobre 2023, tous deux se trouvaient au festival Nova, près de Re’im, dans le sud d’Israël.

Ori, soldat en permission, avait réussi à s’éloigner du danger. Il décida pourtant de revenir chercher trois jeunes rencontrés la veille : Maya et Itay Regev, ainsi qu’Omer Shem Tov. C’est en tentant de les secourir qu’il fut enlevé. Tous trois ont ensuite retrouvé la liberté ; Ori ne reviendrait pas vivant.

Hersh s’était réfugié dans un abri avec d’autres festivaliers et son ami d’enfance Aner Shapira, lui aussi originaire de Jérusalem. Lorsque les terroristes attaquèrent l’abri, Aner repoussa plusieurs grenades avant d’être tué.

Hersh perdit une partie de son bras gauche dans les explosions, puis fut emmené à Gaza. Sa grave blessure datait donc de l’attaque, avant son enlèvement.

UNE AMITIÉ POUR TENIR DANS LA CAPTIVITÉ

Les témoignages d’anciens otages font état d’un lien très fort entre Ori et Hersh pendant leur détention. Ils partageaient leur nourriture, se soutenaient et tentaient de résister ensemble à des conditions insupportables.

Ori intervint notamment auprès de leurs geôliers pour réclamer des soins pour Hersh.

Après près de onze mois de captivité, ils furent assassinés par le Hamas avec Carmel Gat, Eden Yerushalmi, Alexander Lobanov et Almog Sarusi. Leurs corps furent retrouvés dans un tunnel à Rafah à la fin du mois d’août 2024.

Hersh avait 23 ans. Ori avait 25 ans. L’annonce de leur mort provoqua une immense onde de choc dans tout le pays.

HERSH, UN VISAGE FAMILIER POUR BEAUCOUP D’ENTRE NOUS

Pour beaucoup de nos lecteurs francophones, Hersh était un visage connu : un jeune voisin, un ami de leurs enfants, ou un garçon dont ils avaient suivi l’histoire et espéré le retour.

La mobilisation de ses parents, Rachel et Jon, avait porté son nom bien au-delà de Jérusalem. Derrière les affiches et les appels à sa libération, il y avait un jeune homme qui aimait la musique, les voyages et le football, avec toute une vie à construire.

La fresque rappelle aujourd’hui cette vie, tout en donnant à Ori sa place à ses côtés.

DEUX CŒURS, UNE SEULE JÉRUSALEM

Lors de l’inauguration, Rachel Goldberg-Polin a évoqué deux garçons qui avaient veillé l’un sur l’autre, s’étaient protégés et avaient lutté pour survivre ensemble. Elle a conclu par ces mots :

« Deux cœurs. Une ville, Jérusalem. Ensemble. »

Elhanan Danino, le père d’Ori, a rappelé que, dans l’endroit le plus sombre, les deux jeunes hommes avaient été avant tout des frères. Il a exprimé l’espoir que la lumière laissée par son fils et par Hersh continue de rapprocher Jérusalem et tout le peuple d’Israël.

Le maire Moshe Lion a souligné que leur histoire appartenait pleinement à celle de la ville : deux jeunes supporters de clubs rivaux dont l’amitié avait dépassé les différences.

À Teddy, leur souvenir rejoint désormais les tribunes qu’ils aimaient. Le jaune et noir du Beitar, le rouge et noir de l’Hapoel : deux fidélités réunies dans une même œuvre.

Se souvenir, c’est aussi transmettre leurs noms, leurs choix et leur humanité. Ori et Hersh font désormais partie de la mémoire de Jérusalem. Nous n’oublierons jamais.


Sources et crédits

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