Rahel Iménou et Itzhak Rabin — Mémoire, fidélité et destin d’Israël
📅 Novembre est un mois de mémoire en Israël.
Entre le 2 novembre 2025 (11 Heshvan 5786), jour de la Hiloula de Rahel Iménou, et le 4 novembre, date anniversaire de l’assassinat du Premier ministre Itzhak Rabin, deux figures que tout oppose semblent pourtant se répondre :
la Mère d’Israël qui pleure pour ses enfants, et le dirigeant qui a voulu leur assurer un avenir en paix.
Rahel, mère d’Israël, enterrée sur le chemin de Bethléhem
Selon la tradition, Rahel Iménou (Rachel, épouse de Yaakov et mère de Yossef et Binyamin) mourut en donnant naissance à Binyamin, alors que la famille faisait route vers Hébron.
Yaakov l’enterra « sur le chemin d’Ephrata, c’est-à-dire Bethléhem » (Genèse 35:19).
Depuis plus de trois millénaires, ce lieu – à l’entrée nord de Bethléhem, à quelques centaines de mètres de la frontière de Jérusalem – est devenu un point de prière et d’espérance.
Rahel symbolise la compassion et les larmes du peuple exilé :
« Rahel pleure ses enfants… car ils ne sont plus. » (Jérémie 31:14)
Mais le prophète ajoute :
« Tes enfants reviendront vers leurs frontières. »
Une ferveur populaire intacte
Cette année encore, à la Hiloula de Rahel Iménou, des milliers de fidèles se sont rendus sur sa tombe pour prier, allumer des bougies et réciter des psaumes.
L’affluence a été telle que la police a dû fermer temporairement les accès au site, provoquant de longs retards et des retours à pied vers Jérusalem.
Un témoignage frappant de la force du lien entre le peuple et sa “mère spirituelle”.
Un lieu au cœur de l’histoire et de la souveraineté
Sous la Jordanie (1948-1967), l’accès au Tombeau de Rahel était interdit aux Juifs.
En juin 1967, le lieu est libéré et placé sous contrôle israélien.
Lors des Accords d’Oslo II (1995), l’Autorité Palestinienne revendiquait le site.
Itzhak Rabin s’y opposa fermement, rappelant que
« Le Tombeau de Rahel se trouve à quelques centaines de mètres de Jérusalem. Ce lieu est lié au peuple juif depuis des millénaires. »
Grâce à cette position, le site est resté sous administration israélienne, permettant encore aujourd’hui à des milliers de pèlerins d’y prier librement.
Rabin, trente ans après
Ce mois de novembre marque également le 30e anniversaire de l’assassinat d’Itzhak Rabin, survenu le 4 novembre 1995 (12 Heshvan 5756) à Tel-Aviv.
Son souvenir reste profondément lié à la recherche de paix — mais aussi à sa fidélité à certains principes inébranlables :
la sécurité d’Israël, la protection de Jérusalem et le maintien du lien historique avec des lieux fondateurs comme le Tombeau de Rahel.
Deux mémoires, un même message
Rahel Iménou et Itzhak Rabin n’appartiennent pas au même registre de l’histoire.
Mais leurs dates se rejoignent, à deux jours d’écart, dans une même prière pour la continuité d’Israël :
celle d’un peuple qui ne renonce ni à ses racines, ni à son avenir.


