Hamoshava Hagermanit

Le quartier de la Moshava Hagermanit (littéralement « la colonie allemande » ou « German Colony ») a été construit dans la deuxième moitié du 19 siècle. Son nom est un dérivé de l’organisation qui en planifia la construction : La Société Allemande des Templiers. Cette société de missionnaires luthériens croyait dans le peuplement de la Terre Sainte. Dès la fin du 19e siècle, existaient en Palestine, plusieurs implantations allemandes : à Jérusalem, Haifa, Jaffa, Nazareth ou Bethlehem. C’est en 1873 que Matthaus Frank achète a des arabes de Beit Safafa, un terrain en dehors des murailles de Jérusalem, au sud ouest de celles-ci, et fonde « la colonie allemande », principalement basée sur l’agriculture et les activités traditionnelles des forges et de la menuiserie.

 

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Les nouveaux arrivants, encouragés à s’installer en Terre Sainte dans l’attente du salut messianique, construisent le quartier dans le style qu’ils connaissent, c’est-à-dire comme en Allemagne, des bâtiments à un ou deux étages avec des toits de tuiles mais en utilisant la pierre de Jérusalem à la place du bois et des briques. Les premières maisons se repartissent de part et d’autre de deux axes principaux qui deviendront Emek Refaim et Derech Beit Lehem.
Dans les années 1930 – 1940, les habitants d’origine de la Moshava Germanit, les Templiers, sont peu à peu chassés à cause de leur sympathie non cachée pour les Nazis.  Ils sont alors remplacés par de riches familles arabes chrétiennes qui apprécient la localisation de ce quartier sur la route de Bethlehem. Après l’indépendance du pays, ces familles arabes fuient les lieux et les bâtiments vides servent à loger les nouveaux immigrants. La Moshava Germanit perd ainsi pendant quelques années de sa splendeur.

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Mais depuis un peu plus de dix ans, les travaux entrepris pour restaurer les bâtiments, ont rendu du prestige au quartier. En effet ce qui fait le charme de la Moshava Germanit, ce sont les différents styles architecturaux que l’on y découvre. Sur une petite surface on trouve des maisons de styles arabes avec leurs fenêtres en arcades, vestiges de la période d’occupation ottomane, de l’Art Déco anglais, comme l’Hospice Écossais  du style allemand avec des anciennes maisons des Templiers sur les quelles on peut encore lire des passages de la Bible en allemand.

De nombreux restaurants et boutiques se sont installés le long de l’avenue principale et dans les petites rues adjacentes. Des personnes plus aisées sont arrivées, séduites par le cachet architectural des lieux et l’animation qui y règne. Tous ces facteurs  expliquent également la forte concentration de résidents étrangers dans ce quartier et les prix du mètre carré qui sont estimés pour les grands appartements entre  7000 $ et 9000 $, pour les plus petits appartements entre 5000 $ et 6000$.

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Les rues de ce quartier ont été nommées pour honorer des amis du sionisme et du peuple juif. Emile Zola qui défendit le capitaine Dreyfus se situe non loin du président tchèque Tomas Masaryk ou du premier ministre Sud Africain Jan Smut. Mais les personnalités britanniques ne sont pas en reste dans ce quartier allemand. On peut citer le leader de la Légion Juive durant la Première Guerre Mondiale, le colonel John Patterson ou le général pro-sioniste Wyndham Deeds.

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Si la Moshava, comme elle est appelée aujourd’hui attire tous les soirs une foule joyeuse et bigarrée dans ses restaurants et ses bars, elle compte aussi quelques intéressants lieux de culture comme le cinéma Smadar, seule salle art et essai de la capitale qui passe régulièrement des films français, le Musée de la Nature ou la Maison d’Agnon, récemment transformée en lieu culturel avec un musée et une bibliothèque.

Ecrit par Valérie Cudkowicz

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