17 avril 2015

Yom Hazikaron : 2 musées pour ne rien oublier

A l’approche de Yom Hazikaron, jour durant lequel on se souvient de ceux et celles tombés pour la liberté d’Israel, Jérusalem-info vous propose la visite de 2 musées, un peu moins connus de Jérusalem, mais qui honnorent le courage et l’héroisme de ceux qui ont pris les armes et donné leur vie pour défendre leurs valeurs et celle du peuple juif.

Le musée des prisonniers résistants (Museum of underground prisoners)

undergroundprisoner

Commençons notre visite par le centre ville, à quelques minutes à peine du Mur Occidental et de la vieille ville. Nous sommes derrière l’actuelle mairie, dans le quartier russe.

Situé au milieu de cet ancien quartier russe, le bâtiment du musée fut construit en 1858 et était à son origine un bâtiment accueillant les pèlerins. Pendant le mandat britannique (1 918-1948) il abrita la prison centrale. Au côté des criminels, de nombreux résistants juifs de la Haganah, de l’Irgun ou du Lechi, les principaux mouvements de résistants de l’époque,  furent aussi détenus ici.

Le musée retrace les conditions d’emprisonnement ainsi que l’histoire de ces  mouvements de résistance à travers l’histoire de ceux qui passèrent entre ces murs. Les prisonniers devaient travailler dans des ateliers de confections ou d’impression. Certains fabriquaient même les cercueils utilisés pour enterrer les officiers britanniques morts lors d’attentat. Au début tous les prisonniers étaient rassemblés sans distinction de religion. A partir des années 30, le nombre de résistants emprisonnés augmenta et ils demandèrent alors à être installés dans des cellules à part. Jusqu’en 1947, les tensions extérieures entre juifs et arabes ne franchissaient pas les portes de la prison et le climat général était plutôt calme. Mais en janvier 1947, une émeute générale éclata et les prisonniers arabes et juifs furent alors séparés  et installés dans deux ailes différentes.

Dans chaque cellule, les Britanniques désignaient un responsable qui avait le droit de dormir sur un vrai lit. Dans une des cellules on peut encore voir, sous le dernier lit, l’entrée du tunnel que les prisonniers creusèrent pour s’échapper. Ce tunnel était relié au système de canalisation. Douze prisonniers s’évadèrent déguisés en agents municipaux et aidés par leurs camarades de l’extérieur prétendant réparer les canalisations. Les prisonniers juifs  condamnés à mort étaient transférés à la prison d’Acre pour être exécutés. Les Britanniques craignaient que des exécutions dans la ville sainte ne provoquent des émeutes. Toutefois, deux jeunes combattants Moshé Barzani et Meir Feinstein devaient être exécutés à Jérusalem, les autorités craignant que leur convoi ne soit la cible d’une embuscade sur la route d’Acre. Les deux combattants ne voulant pas mourir par les mains des anglais, montèrent un stratagème pour introduire des grenades cachées dans des paniers d’oranges et mourir en résistants. Les petites histoires et anecdotes racontées dans le musée font aussi partie de la grande histoire d’Israël. Pendant la guerre d’Indépendance en 1948, la prison fut attaquée par la Haganah et l’Irgun lors d’une opération appelée  «  opération kilshon ». Le bâtiment connu après l’indépendance du pays, différentes utilisations. Dans les années 1960, le gouvernement israélien racheta le quartier au gouvernement russe. En 1991, le bâtiment fut transféré au Ministère de la Défense qui restaura la prison et la transforma en musée.

Museum of undergroud prisoners Mishol Aguevura street 1 Ouvert du dimanche au jeudi de 9h à 17h

 

La Colline aux munitions, Amunition Hill

 

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Quittons le centre ville pour le nord de Jérusalem et Amunittion Hill.

Le site fut construit par les Britanniques dans les années 1930 et était composé d’une Ecole de Police et d’entrepôts de munitions, d’où son nom. Lors de la guerre d’Indépendance de 1948, les Jordaniens prirent position sur le site qui devint alors un verrou très important de la défense jordanienne à Jérusalem. Il comprenait en plus du bâtiment de l’Ecole de Police, plusieurs bunkers repartis le long d’un système de tranchées

Au début de la guerre de 6 jours, la décision fut prise d’attaquer la position pour faire sauter ce verrou de la défense jordanienne et rejoindre le Mont Scopus puis de là la vieille ville. La solution d’une attaque aérienne fut de suite écartée à cause de la proximité d’habitations. On lui préféra la solution d’une attaque terrestre. Malheureusement celle-ci fut préparée sur de mauvais renseignements concernant  la position à prendre. En effet, le commandement militaire pensait que Amunition Hill n’était gardée que par un seul bataillon. Quand l’assaut fut donné le 6 juin 1967 à 2h30 du matin, les forces jordaniennes beaucoup plus nombreuses que prévues avaient déserté le poste de police pour se retirer dans les bunkers, élargissant considérablement le terrain à conquérir. Plusieurs officiers israéliens furent tués durant les premières heures de combat,  laissant les soldats sans instructions et sans connaissance du terrain. La bataille fit rage jusqu’au matin. Pendant cette bataille, 37 soldats israéliens furent tués et 71 soldats jordaniens.

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A partir de là, l’armée israélienne continua sa progression jusqu’à la vieille ville de Jérusalem et au Mur Occidental. Après la réunification de la ville, le gouvernement décida de renforcer la présence juive partout sur le territoire reconquit et donc de construire des habitations sur la colline. Mais les parents des soldats tombés sur les lieux, prirent position sur la colline et demandèrent que le lieu soit gardé en l’état afin d’en faire un lieu de mémoire pour les générations futures. Il devait être dédié aux combattants tombés sur les lieux durant cette bataille décisive mais aussi à tous ceux tombés pour la libération de Jérusalem.

En 1972, soit 5 ans après les faits, 182 oliviers, un par soldats tués durant la guerre de 1967, furent plantés sur la colline et  le site fut inauguré. En 1987, le site devint un site commémoratif national et depuis les célébrations du jour de Jérusalem, Yom Yerushalmi, s’y déroulent chaque année.

Une vidéo « interactive » permet aussi de suivre en image et sur un plan en relief de la ville, la progression et les mouvements des combattants.

Amunuition Hill est devenu un lieu de mémoire pour tous les combattants juifs de tous les temps tombés au combat pour la création et la défense d’Israël.

Amunition Hill Givat Hatochmoshet Street Ouvert du dimanche au jeudi de 9h à 17h, le vendredi de 9h à 13h.

Plus d’info sur le site www.givathatachmoshet.org.il

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