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Les enluminures de Sylvie Berger

hanoukia3Installée à Pisgat Zeev, au nord de Jérusalem, au bout de la nouvelle ligne de tramway, Sylvie Berger nous reçoit dans sa maison avec vue sur le désert. C’est là qu’elle couche sur parchemin les créations sorties de son imagination. Originaire de Toulouse, Sylvie a fait son alya en 1985. Elle a profité de ce changement de situation, tant géographique que professionnel, pour suivre des cours pendant 2 ans à l’École d’Art de Jérusalem. En effet, Sylvie est depuis longtemps une passionnée de travaux manuels, même si elle ne savait pas en arrivant en Israël que la peinture deviendrait bien plus qu’une passion, un métier.

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Jérusalem-info : Comment êtes vous arrivée à la peinture?

Sylvie : En arrivant en Israël, j’étais déjà attirée par les travaux manuels et, après plusieurs années de travail dans le secrétariat, j’envisageais de donner des cours à des enfants. C’est donc tout naturellement que je me suis inscrite dans une école d’Art de la capitale. Pendant 2 ans j’ai étudié la peinture et différentes techniques de base. Cela m’a tout de suite captivé. J’ai ensuite voulu approfondir un peu le sujet et j’ai donc pris des cours avec Hassa Lichinsky, une artiste issue d’un milieu très orthodoxe. J’ai tout de suite été frappée par sa capacité à marier les couleurs et par sa vision globale d’une œuvre. Grâce à cette artiste, j’ai appris les bases  de l’enluminure de texte sur parchemin. C’est une technique très spécifique qui m’a passionnée dès le premier abord. En effet, Hassa m’a appris que dans le domaine de l’enluminure il y a des règles précises à respecter. Suivant le type de motifs que l’on choisit, leur époque de référence, le juste choix des couleurs est impératif. Une fois les règles appliquées, je laisse place à l’imagination et à la création personnelle.

Jérusalem-info : Expliquez-nous un peu ce que vous faites ?

Sylvie : Il est certain que dans un premier temps je ne me suis pas lancée tout de suite dans la production d’œuvres afin d’en faire mon métier. Pendant plusieurs années, j’ai donné des cours de travaux manuels à des enfants et adolescents. De par ma nature, et par attrait de différentes techniques, je me suis investie dans différents domaines de l’art. Mais je me suis vite rendue compte qu’il fallait savoir se focaliser dans une technique particulière pour mieux se développer.

J’ai donc décidé de me concentrer sur l’illustration de textes écrits sur parchemin. Mon art consiste à mettre en valeur des textes, ketouboth (contrat de mariage), birkat habait (bénédiction de la maison), Echet Hail (éloge de la femme vertueuse), birkat hanerot (bénédiction de l’allumage des bougies pour chabat) ou différents versets de la bible. Pour les illustrer, j’utilise deux techniques différentes, le etching et le papercut. Difficile de trouver des traductions françaises pour ces deux techniques. Le etching est une technique de dessin à la plume, sorte de gravure, et le papercut consiste à découper le papier comme de la dentelle. Mais quelque soit la technique utilisée, la source de mon inspiration est toujours la même, la bible.

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Pour la gravure je travaille à l‘encre et à la plume à dessin, dans des tons sépia. Le dessin, est en rapport direct avec le verset qu’il illustre. Par exemple pour le tableau Alya Laregel (la montée à Jérusalem) j’ai représenté une vue des murailles avec le temple. Comme j’ai la chance d’habiter à Jérusalem, je peux m’inspirer directement du décor. Je travaille aussi sur photo ou tout simplement en regardant autour de moi. L’arbre dans ce tableau par exemple m’a été inspiré par un olivier de mon quartier.

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Le papercut est une toute autre technique.  Je programme une composition en laissant  la place nécessaire au texte que je veux y integrer et je crée, ensuite, l’enluminure en m’inspirant de motifs anciens. A l’aide de la lame d’un cutter spécial, je découpe la peau du parchemin suivant des motifs en rapport avec le style du dessin. Un peu comme une sculpture j’évide certaines parties pour donner du relief et de l’originalité à la composition. C’est un travail très précis. Tout est bien sûr fait à la main.

Jérusalem-info : Pourquoi travailler sur du parchemin?

Sylvie : Le parchemin donne au travail un cachet d’authenticité. Les premiers temps, j’étais d’avantage attirée par une peau claire afin de mette en relief au maximum les couleurs mais avec le temps, je me suis rendue compte qu’une œuvre produite sur un parchemin à la base plus foncée, apporte une autre dimension en rappelant, ainsi, les anciens manuscrits.

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Jérusalem-info : Qu’est-ce que vous proposez à la vente?

Sylvie : Je vends, d’une part,  les originaux qui sont faits sur parchemins et d’autre part, les copies scannées de ces mêmes originaux.  Pour cela je fais appel à un atelier de scannage unique en Israël qui réalise des copies parfaites, de très haute qualité, identiques à l’original. La qualité du scanner est tellement bonne que sans palper le papier il est souvent difficile de faire la différence avec le parchemin. Cela a plusieurs avantages, outre le prix de revient plus intéressant, cela me permet d’intégrer, par ordinateur, différents textes à l’enluminure. Ainsi, chacun peut choisir, par exemple, suivant ses origines, ashkénaze ou sépharades, le texte de Ketouba conforme à son rite. Une fois l’original scanné, le découpage du papercut se fait par laser sur le modèle exact de mon découpage à la main. On gagne ainsi un temps très précieux. Il faut savoir que la réalisation d’un de mes dessins me prend plusieurs semaines. Je commence par griffonner et je fais des recherches de style. Ensuite je me lance dans la composition, la peinture et le découpage. Il faut bien compter 1 à 2 mois pour voir un modèle prêt à être scanné et donc commercialisé. Mais attention, chaque modèle est reproduit en édition limitée.

Jérusalem-info : Justement où peut-on trouver vos œuvres?

Sylvie : Depuis deux ans à présent, je commercialise mes tableaux à partir de deux points principaux, à savoir la galerie « Malehet Mahchevet » dans le quartier de Méa Sharim à Jérusalem et  la galerie « Zan Sapir » située dans le quartier artistique de Sfat, dans le nord du pays avec lesquelles je travaille sur commande. La technique du papercut, qui n’est pas encore très connue du public, a du succès dans ces galeries. Je vends aussi directement aux particuliers, principalement des ketouboth.

Jérusalem-info : Quelle est votre actualité?

Sylvie : Voilà quelques semaines que j’expose également mes œuvres dans une nouvelle galerie qui a ouvert sur Emek Refaim, la galerie « La Porte Verte ». C’est une galerie installée dans une ancienne cave à vin avec des hauts plafonds et des murs en pierres brutes. J’expose aux cotés d’un autre artiste francophone, Yaacov Ben Denoun connu sous le nom de Yarcov. Cette galerie se propose de faire connaitre au grand public des artistes nouveaux et je suis heureuse de faire partie de cette première exposition qui durera jusqu’au mois de février 2012. Après d’autres artistes seront mis en avant mais certaines de mes œuvres resteront exposées de façon permanente.

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Pour voir les œuvres de Sylvie Berger
Galerie La Porte Verte 8 rehov Emek Refaim
Tous les jours de 10h à 12h et de 16h à 18h et le vendredi de 9h à 13h

Pour contacter Sylvie Berger
Mail : bergersyl@gmail.com
Tél : + 972 50 38 34 692

Hamoshava Hagermanit (Emek Refaïm)

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