25 février 2016

Sur le chemin de la liberté et de l’indépendance

De tout temps, les juifs ont lutté pour leur liberté, leur indépendance. Déjà en Egypte il y a plusieurs milénaires, mais aussi plus récemment lors de la Deuxièùe Guerre Mondiale, après en 1947-48 pour avoir un étatet jusqu’à aujourd’hui pour défendre Israël.

Pour ne pas oublier tous ces combats, collectifs et individuels, nous vous emmenons à la découverte de quelques lieux, un peu moins connus à Jérusalem, mais qui parlent d’emprisonnement ou de lutte pour une libération. Il s’agit d’Amunnition Hill, la colline aux munitions, lieu de la première reconquête de Jérusalem au moment de la guerre de 1967 et qui devait permettre la libération de la vieille ville. Il s’agit encore du musée des prisonniers résistants qui a accueilli entre ses murs des grands noms de la résistance juive avant la création de l’état d’Israël.  Mais  nous voulons aussi vous parler d’un musée étonnant dans le nord du pays appelé le musée des combattants du ghetto, celui de Varsovie, un autre esclavage, une autre libération.

Le musée des prisonniers résistants (Museum of underground prisoners)
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Commençons notre balade par le centre ville, à quelques minutes à peine du Kotel et de la vieille ville. Nous sommes derrière l’actuelle mairie, dans le quartier russe.

Situé au milieu de cet ancien quartier russe, le bâtiment du musée fut construit en 1858 et était à son origine un bâtiment accueillant les pèlerins. Pendant le mandat britannique (1 918-1948) il abrita la prison centrale. Au côté des criminels, de nombreux résistants juifs de la Haganah, de l’Irgun ou du Lechi, les principaux mouvements de résistants de l’époque,  furent aussi détenus ici.

Le musée retrace les conditions d’emprisonnement ainsi que l’histoire de ces  mouvements de résistance à travers l’histoire de ceux qui passèrent entre ces murs. Les prisonniers devaient travailler dans des ateliers de confections ou d’impression. Certains fabriquaient même les cercueils utilisés pour enterrer les officiers britanniques morts lors d’attentat. Au début tous les prisonniers étaient rassemblés sans distinction de religion. A partir des années 30, le nombre de résistants emprisonnés augmenta et ils demandèrent alors à être installés dans des cellules à part. Jusqu’en 1947, les tensions extérieures entre juifs et arabes ne franchissaient pas les portes de la prison et le climat général était plutôt calme. Mais en janvier 1947, une émeute générale éclata et les prisonniers arabes et juifs furent alors séparés  et installés dans deux ailes différentes.

Dans chaque cellule, les Britanniques désignaient un responsable qui avait le droit de dormir sur un vrai lit. Dans une des cellules on peut encore voir, sous le dernier lit, l’entrée du tunnel que les prisonniers creusèrent pour s’échapper. Ce tunnel était relié au système de canalisation. Douze prisonniers s’évadèrent déguisés en agents municipaux et aidés par leurs camarades de l’extérieur prétendant réparer les canalisations. Les prisonniers juifs  condamnés à mort étaient transférés à la prison d’Acre pour être exécutés. Les Britanniques craignaient que des exécutions dans la ville sainte ne provoquent des émeutes. Toutefois, deux jeunes combattants Moshé Barzani et Meir Feinstein devaient être exécutés à Jérusalem, les autorités craignant que leur convoi ne soit la cible d’une embuscade sur la route d’Acre. Les deux combattants ne voulant pas mourir par les mains des anglais, montèrent un stratagème pour introduire des grenades cachées dans des paniers d’oranges et mourir en résistants. Les petites histoires et anecdotes racontées dans le musée font aussi partie de la grande histoire d’Israël. Pendant la guerre d’Indépendance en 1948, la prison fut attaquée par la Haganah et l’Irgun lors d’une opération appelée  «  opération kilshon ». Le bâtiment connu après l’indépendance du pays, différentes utilisations. Dans les années 1960, le gouvernement israélien racheta le quartier au gouvernement russe. En 1991, le bâtiment fut transféré au Ministère de la Défense qui restaura la prison et la transforma en musée.

Museum of undergroud prisoners Mishol Aguevura street 1 Ouvert du dimanche au jeudi de 9h à 17h

La Colline aux munitions, Amunition Hill

 

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Quittons le centre ville pour le nord de Jérusalem et Amunittion Hill.

Le site fut construit par les Britanniques dans les années 1930 et était composé d’une Ecole de Police et d’entrepôts de munitions, d’où son nom. Lors de la guerre d’Indépendance de 1948, les Jordaniens prirent position sur le site qui devint alors un verrou très important de la défense jordanienne à Jérusalem. Il comprenait en plus du bâtiment de l’Ecole de Police, plusieurs bunkers repartis le long d’un système de tranchées

Au début de la guerre de 6 jours, la décision fut prise d’attaquer la position pour faire sauter ce verrou de la défense jordanienne et rejoindre le Mont Scopus puis de là la vieille ville. La solution d’une attaque aérienne fut de suite écartée à cause de la proximité d’habitations. On lui préféra la solution d’une attaque terrestre. Malheureusement celle-ci fut préparée sur de mauvais renseignements concernant  la position à prendre. En effet, le commandement militaire pensait que Amunition Hill n’était gardée que par un seul bataillon. Quand l’assaut fut donné le 6 juin 1967 à 2h30 du matin, les forces jordaniennes beaucoup plus nombreuses que prévues avaient déserté le poste de police pour se retirer dans les bunkers, élargissant considérablement le terrain à conquérir. Plusieurs officiers israéliens furent tués durant les premières heures de combat,  laissant les soldats sans instructions et sans connaissance du terrain. La bataille fit rage jusqu’au matin. Pendant cette bataille, 37 soldats israéliens furent tués et 71 soldats jordaniens.

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A partir de là, l’armée israélienne continua sa progression jusqu’à la vieille ville de Jérusalem et au Mur Occidental. Après la réunification de la ville, le gouvernement décida de renforcer la présence juive partout sur le territoire reconquit et donc de construire des habitations sur la colline. Mais les parents des soldats tombés sur les lieux, prirent position sur la colline et demandèrent que le lieu soit gardé en l’état afin d’en faire un lieu de mémoire pour les générations futures. Il devait être dédié aux combattants tombés sur les lieux durant cette bataille décisive mais aussi à tous ceux tombés pour la libération de Jérusalem.

En 1972, soit 5 ans après les faits, 182 oliviers, un par soldats tués durant la guerre de 1967, furent plantés sur la colline et  le site fut inauguré. En 1987, le site devint un site commémoratif national et depuis les célébrations du jour de Jérusalem, Yom Yerushalmi, s’y déroulent chaque année.

Amunuition Hill est devenu un lieu de mémoire pour tous les combattants juifs de tous les temps tombés au combat pour la création et la défense d’Israël.

Amunition Hill Givat Hatochmoshet Street Ouvert du dimanche au jeudi de 9h à 17h, le vendredi de 9h à 13h.

Le musée des combattants du ghetto ( Beit Lohamei Haghetaot)

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Enfin pour ceux qui sont ou vont dans le nord, il existe un musée particulier appelé le musée des combattants du ghetto qui se trouve entre Acre et Nahariya.

Ce musée a été fondé en 1949 par un groupe de rescapés, issus de la résistance juive née dans les ghettos polonais et les unités de partisans. Il a pour but de transmettre la mémoire de tous ces résistants qui ne se sont pas laissés faire et ont lutté pour leur liberté. Il a été  le premier musée consacré à la Shoah dans le monde.  Il veut aussi garder le souvenir des communautés juives avant, pendant et après la Shoah. C’est un message d’espoir et de vie que ces rescapés ont voulu faire passer aux plus jeunes et aux générations futures.

Dans le musée principal, plusieurs salles retracent tout à la fois la vie d’une communauté, celle de Olkienki avant la Shoah, l’enchainement des événements qui mèneront à la montée du nazisme et à sa domination, les mouvements de jeunesses juifs et sionistes, les ghettos et la résistance, les camps, les Justes parmi les Nations et même le procès Eichmann. Les nombreux documents et photos rendent cette visite « vivante » pour les grands et les plus jeunes. Un projet de rénovation a abouti en 2008 à l’ouverture de nouvelles salles dont celle des Fondateurs retraçant l’histoire de ceux et celles qui créèrent ce lieu particulier et unique en son genre.

Yad Layeled est un deuxième musée situé à quelques mètres  du premier. Il est consacré aux enfants disparus dans la Shoah et aux jeunes d’aujourd’hui. Tout comme la transmission de l’histoire de la sortie d’Egypte pendant le Seder de Pessah, ce musée transmet aux jeunes l’histoire de ceux de leur âge pendant la tourmente. On y entend les lettres d’enfants, on y retrace la vie et les actions de Janucz Korczak, écrivain, éducateur et défenseur des droits des enfants dans le ghetto de Varsovie. Tout est fait ici, notamment grâce à l’interaction multimédia, pour accompagner les plus jeunes dans leur découverte de cette époque troublée.

Beit Lohamei Haghetaot MP Western Galilee 25220, Israel Tel: + 972 (0)4-9958080 Site: www.gfh.org.il Ouvert du dimanche au jeudi de 9h à 16h Entrée : 25 NIS Audio guide en français pour Yad Layeled : 25 NIS Visite guidée en français sur réservation

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