14 juillet 2013

COMME UN GULLIVER A JERUSALEM

Durée : environ  4 h

Jérusalem est une ville plusieurs fois millénaire. Les vestiges du passé côtoient les idées du futur. Ici chaque pierre a son histoire à raconter. Mais pour mieux comprendre la ville et la vie de Jérusalem et de ses habitants, il faut savoir prendre ses distances et avoir une vue globale. Partez donc à la découverte d’étonnantes maquettes représentant Jérusalem à travers l’histoire : aux temps des Premier et Second Temples, à la fin du XIXe siècle et en 2009. Tel Gulliver au pays des Lilliputiens, prenez de la hauteur dans la découverte de la ville…

Jérusalem à l’époque du Premier Temple

Centre Ariel

Notre balade débute dans la vieille ville de Jérusalem. A quelques pas du Mur Occidental, se trouve une maquette représentant Jérusalem et le Premier Temple. Sous l’égide de l’Institut Yad Yitzhak Ben Zvi, on peut voir à quoi ressemblait la ville entre -960 à -586 de notre ère. Le Roi David a été le premier à faire de Jérusalem la capitale de son royaume. Son fils Salomon développera la ville et y construira le Premier Temple. La construction prendra sept années et il restera  en fonction pendant près de quatre siècles avant d’être détruit par les Babyloniens en – 586 de notre ère. La maquette est construite à l’échelle 1/250 et couvre une superficie de 35 m2. Elle comprend le Temple mais également les palais, la ville proprement dite, les portes et les murailles qui l’entourent. Ce qui frappe le plus est le système d’irrigation sophistiqué développé à l’époque pour l’approvisionnement en eau. On y voit notamment clairement le Tunnel de Siloé. Les textes bibliques donnent de nombreux détails sur le Premier Temple, son architecture et son fonctionnement. Mais malgré cela, peu, voir aucune trace archéologique n’a encore été mise à jour. Des visites guidées du Centre Ariel et de sa maquette peuvent être organisées sur demande en anglais et en hébreu.

Jérusalem à la fin du XIXe siècle

Musée de la Tour de David

Comme pour Gulliver dont quelques pas couvrent une grand distance, il suffit de marcher quelques minutes pour rejoindre la porte de Jaffa et le musée de la Tour de David. En quelques mètres on change totalement d’époque pour se retrouver à la fin du XIXe siècle, sous la domination Ottomane. C’est dans une ancienne citerne, au bas de quelques marches, que se trouve une magnifique maquette de Jérusalem au XIXe siècle. Cette réalisation est l’œuvre d’un hongrois, Stephan Illes, originaire de Bratislava, venu en 1864 découvrir la ville. Elle le fascina tellement qu’il décida en 1872 d’en faire une maquette au 1/500. La maquette, qui couvre une superficie de 18 m2 sera montrée pour la première fois dans le pavillon Ottoman de l’Exposition Internationale de Vienne en Autriche en 1873. Pendant quelques années elle fait le tour de l’Europe. Illes cherche à la vendre pour récolter les fonds nécessaires à la réalisation de deux autres maquettes de la ville. C’est finalement un groupe de riches familles des Genève qui réunissent les fonds et achètent la maquette pour 10 000 francs. Pendant 40 ans, elle sera exposée à la Maison de la Réformation, avant de disparaitre de la circulation, stockée dans un grenier de l’Université. Ce n’est qu’en 1984, qu’elle sera redécouverte, transportée à  Jérusalem, restaurée et depuis exposée au Musée de la Tour de David. La maquette s’étend du Mont des Oliviers à l’est, à l’esplanade des Russes à l’ouest, d’Ein Roguel au sud, à la porte de Damas au nord. On constate tout de suite que toutes les portes de la vieille ville ne sont pas représentées sur le modèle. En effet, la Porte d’ Hérode n’a été réouverte qu’en 1874 et la Porte Neuve construite seulement en 1889, soit après la réalisation de la maquette. Illes a apporté un grand soin à son œuvre, comme le prouve certains détails : les drapeaux sur certains bâtiments, un canon sur l’une des tours de la citadelle, des enseignes de magasins et même les lignes télégraphiques de l’époque. On découvre les quartiers de la vieille ville, le Mont des Oliviers et celui du Temple, la forteresse de David, dont les fossés apparents ici seront comblés quelques années plus tard, mais aussi les premiers quartiers construits à partir de 1857 en dehors des murailles. Il s’agit  notamment du quartier de Mishkenoth Shaananim avec son moulin ainsi que le Bassin du Sultan. La maquette est réalisée en zinc martelé monté sur une base en bois.  Une visite guidée en français du Musée de la Tour de David, incluant la maquette, a lieu tous les mardi matin à 11h. Des audio guides en français et de la documentation en français sont également disponibles à tous moments.

Jérusalem en 2009 et après

Mairie de Jérusalem

On quitte la vieille ville en sortant de ses murailles pour se diriger vers le centre plus moderne et la fameuse rue Yafo.  Tout au début de cette rue se trouve sur la droite le nouveau Complexe Municipal. Au sous sol du bâtiment principal, bâtiment n° 1 se trouve une impressionnante maquette. Elle représente entre 10 et 20 % de la superficie réelle de la ville actuelle, soit environ 10 km2. Elle comprend le centre de la ville, une partie de la vieille ville, les bâtiments gouvernementaux et une partie du centre des affaires de Jérusalem.  Son échelle est au 1/500 et il a fallu près de 15 ans pour la construire. Même les arbres sont ici à l’échelle, rendant cette maquette très réaliste. C’est une nécessite car elle est quotidiennement utilisée et est en perpétuel mouvement. En effet, elle Son origine remonte au fort développement qu’a connu la ville de Jérusalem après sa réunification. Un outil était dès lors devenu indispensable pour pouvoir visualiser comment les nouveaux projets pouvaient s’intégrer à l’architecture existante. C’est pourquoi la maquette est utilisée par les agents du Centre de Jérusalem pour la Planification des Villes Historiques. Encore aujourd’hui, les architectes et promoteurs, viennent tester leurs projets à l’échelle et dans le décor « réel »de la ville. Une courte présentation audio permet de repérer les différents bâtiments et réalisations connus de la ville mais également de voir comment s’intègrent dans le paysage urbain si particulier et protégé de Jérusalem, les nouveaux projets. Avant même d’être autorisé, certains projets, comme la création d’un nouveau musée par exemple, vont se retrouver représentés à l’échelle sur la maquette. Ainsi on peut directement et sans effort vérifier si leur intégration dans le paysage respectera le cahier des charges. La maquette peut être vue du dimanche au jeudi de 11h à 13h. Pour cela il suffit de s’enregistrer au bureau d’accueil de la mairie qui se trouve dans le lobby du bâtiment principal. La visite est gratuite et le programme audio peut se donner en hébreu et en anglais.

Jérusalem au temps du Second Temple

Musée d’Israël

De la mairie, au Musée d’Israël, la distance est certes plus courte en longueur que dans le temps, mais pour passer de 2009 à l’an 66 de notre ère, mieux vaut prendre le bus, le taxi ou la voiture. Le Musée d’Israël est actuellement en travaux afin d’améliorer ses espaces d’expositions et son accessibilité. Si certaines parties sont fermées au public, la maquette de Jérusalem au moment de la Grande Révolte contre les Romains, qui se soldera par la destruction du Temple, est elle toujours accessible. Cette maquette réalisée à l’échelle de 1/50 se base principalement sur des sources historiques : les récits de Flavius Josephe, historien du premier siècle qui décrit le Temple comme «  une montagne enneigée resplendissant au soleil », les Evangiles, le Talmud et la Michna. L’ouvrage réalisé dans les années 1960 a déjà été plusieurs fois modifié au fil des récentes découvertes archéologiques. Cette maquette était jusqu’en 2006 exposée dans les jardins du Holyland Hotel. Elle avait été commandée par son propriétaire en mémoire de son fils tombé à la guerre. Ce qui est remarquable à propos de cette œuvre, est que dans la mesure du possible elle a été réalisée avec les matériaux utilisés à l’époque, c’est-à-dire la pierre, le fer, le bois, le marbre et le cuivre. Le Second Temple, construit sous le règne du roi Hérode, était à l’image du Premier Temple détruit par les Babyloniens en -586 de notre ère, mais il était plus simple et bien moins ornementé. Les éléments les plus remarquables de cette maquette sont sans doute les murailles qui entourent et protègent la ville. Hautes de 70 cm, elles représentaient dans la réalité des murs de  près de 35 m de hauteur. Les plus hauts pans se trouvent au nord, les autres cotés étant eux moins exposés grâce aux vallées encaissées qui protégeaient naturellement la ville. On distingue également les trois grandes tours construites par Hérode pour protéger son palais. Celui-ci était immense et contenait de quoi loger et nourrir plusieurs centaines d’invités. La ville haute avait été peuplée au moment du Premier Temple mais désertée après sa destruction. Du temps d’Hérode, au premier siècle de notre ère, cette partie de la ville est à nouveau habitée par les familles de prêtres et « l’aristocratie » de l’époque. Ces dernières années, des découvertes archéologiques ont permis de mettre à jour certaines de ces habitations. Dans le quartier juif de la vieille ville, le musée de la Maison Brûlée, permet par exemple de voir un film retraçant la destruction du Deuxième Temple et les vestiges de l’époque retrouvés lors des fouilles.

Après avoir vu ces différentes maquettes et appréhendé la topographie de Jérusalem à travers le temps, on comprend mieux la ville et la vie d’aujourd’hui. On comprend que chaque pierre est chargée d’histoire avec un grand H mais aussi d’histoires tout simplement.

Mini Israël

Pour les amoureux des maquettes et les curieux qui aiment bien prendre de la hauteur, nous ne pouvons pas conclure cette balade sans une référence à Mini Israël. Situé à quelques kilomètres de Jérusalem, Mini Israël présente des maquettes au 1/25 des principaux bâtiments et lieux touristiques d’Israël. Trois cent cinquante maquettes, des dizaines de milliers de figurines, près de cinquante milles plantes vivantes, font de ce parc un lieu à part. Pour les petits et les grands, c’est le moyen idéal et ludique de voyager à pieds à travers tout le pays sans user ses chaussures et en un temps record.

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